Cauchemar

Petit à petit, mes yeux s’habituent à l’obscurité.

Où suis-je ?

Il fait humide. Le sol sous mes pieds nus est froid. Quatre murs en pierres brutes cloisonnent cette petite pièce d’une dizaine de mètres carrés.

Comment ai-je atterri ici ?

Impossible de me souvenir. En face de moi, une porte en bois. Je me lève pour me diriger vers elle mais je suis stoppé net dans mon mouvement. Une douleur me lance à la gorge, je prend conscience qu’un collier de métal me tient enchaîné au mur.

Le bruit a du alerter quelqu’un car la porte s’ouvre. Un homme au visage masqué entre dans la pièce. Je lui demande ce qu’il se passe, ce qu’il me veut, mais il ne me répond pas. Il se contente de sourire.

Après m’avoir dévisagé un instant, je le vois ramasser un objet par terre avant de s’approcher de moi. « Tu vas comprendre » dit-il.

Quand il arrive à ma hauteur, je parviens à distinguer l’objet. Il tient une tenaille. De son autre main il m’attrape les cheveux, me renversant violemment la tête en arrière. Je hurle. Il en profite alors pour insérer la tenaille dans ma bouche, je sens le froid du métal sur mes gencives. Je hurle de plus belle. La tenaille se referme sur mes incisives. Dans un craquement, le bourreau les arrache. La douleur me transperce, je sent le sang couler dans ma gorge. Je vais m’évanouir…

C’est à ce moment que je me réveille.

C’est la cinquième fois que je fais le même cauchemar atroce. Tout semble si réel. La douleur, surtout. Cette fois c’en est trop, je décide de prendre des mesures. Pourquoi pas un hypnotiseur ? Il paraît qu’ils peuvent agir sur ce genre de choses.

Rendez-vous pris, me voilà chez le spécialiste. Celui-ci m’indique qu’il ne peut pas malheureusement pas modifier mes rêves. Voyant mon désarroi, il m’indique cependant qu’il peut me conditionner afin que je sois capable, par ma simple volonté, de sortir de mon sommeil à n’importe quel moment. J’accepte.

Après m’avoir mis un état d’hypnose, il me fait revenir à moi. Je ne me rappelle pas ce qu’il s’est passé, mais l’homme m’explique je n’aurais désormais plus qu’à frapper dans mes mains pour me réveiller. « Comme ça ? » dis-je, en frappant dans mes mains.

Noir complet.

J’ouvre les yeux, je reconnais le cachot.

Mon bourreau se tient face à moi. Mes incisives gisent par terre dans une petite flaque de sang. « J’ai bien cru que tu ne te réveillerais pas, cette fois-ci » ricane-t-il. Je me concentre, je frappe alors dans mes mains pour me réveiller. Rien ne se passe. Je recommence, mais toujours rien.

Je ne dors plus.

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